Le nom de domaine est la pièce la plus sensible d'un site client. S'il expire, le site et les emails de l'entreprise s'arrêtent. S'il est au nom du prestataire, le client se retrouve dépendant de lui le jour où il veut changer. La règle est simple : le domaine appartient au client, et tout ce qui touche aux accès s'écrit dans le contrat. Voici comment l'organiser concrètement.
En bref
- Le titulaire du domaine en est le propriétaire : ce doit être l'entreprise cliente.
- Pour un .fr, le titulaire doit résider ou être établi dans l'Union européenne (ou en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse).
- Hébergement : sur le compte du client, ou sur le tien dans le cadre de la maintenance, refacturé clairement.
- Active le renouvellement automatique et des alertes vers deux adresses.
- Avant de modifier les DNS d'un domaine existant, relève les enregistrements des emails.
Le titulaire du domaine en est le propriétaire
Un nom de domaine n'est pas acheté une fois pour toutes : il est loué à un registraire (OVHcloud, Gandi, Hostinger, etc.), pour une durée renouvelable. La personne ou l'entreprise inscrite comme titulaire dans le registre en a le contrôle. Si c'est toi, c'est toi qui décides, quoi qu'en pense le client.
Enregistre donc le domaine au nom de l'entreprise cliente, avec son SIREN et une adresse email qu'elle consulte. Pour un .fr, géré par l'Afnic, le titulaire doit résider ou être établi dans l'Union européenne ou dans l'un des pays associés (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse). C'est aussi ce que recommande Le contrat de création de site internet.
Les trois façons de s'organiser
| Organisation | Avantages | Risques |
|---|---|---|
| Compte du client chez le registraire, accès délégué pour toi | Le client garde la main, aucune ambiguïté | Il faut l'accompagner pour créer le compte |
| Ton compte de gestion, avec le client comme titulaire | Pratique pour gérer plusieurs clients | Prévoir la remise du code de transfert |
| Domaine à ton nom | Aucun pour le client | Dépendance, litiges, perte de confiance |
La première organisation est la plus saine. La deuxième est acceptable si le contrat prévoit noir sur blanc la remise du domaine. La troisième est à éviter, même si le client te dit de « tout gérer ».
L'hébergement
Trois possibilités, selon la façon dont tu as construit le site :
- Un hébergement au nom du client, qu'il paie directement. Simple, mais il doit gérer une facture de plus.
- Ton propre hébergement, inclus dans ton offre de maintenance ou refacturé sur une ligne distincte de ta facture. Pratique pour toi, à condition de pouvoir remettre le site au client s'il part (voir Créer une offre de maintenance).
- La plateforme de l'outil qui a servi à le créer : beaucoup d'outils de création, dont certains outils d'IA, hébergent le site eux-mêmes. Avant de choisir, vérifie que tu peux y connecter un domaine personnalisé et exporter le site ou son code, pour ne pas enfermer ton client (voir Créer un site vitrine client avec l'IA).
Les emails professionnels
Le domaine sert aussi aux emails de l'entreprise (contact@sonentreprise.fr). Si le client utilise déjà son domaine pour ses emails, relève tous les enregistrements DNS avant de changer quoi que ce soit, en particulier les enregistrements MX et SPF. Un changement de serveurs de noms sans les recopier, et les emails de ton client cessent d'arriver. C'est l'incident le plus fréquent lors d'une mise en ligne, et le plus mal vécu.
Le renouvellement, le vrai danger
Un domaine qui n'est pas renouvelé cesse de fonctionner : site et emails s'arrêtent. Passé les délais de grâce, il peut être enregistré par quelqu'un d'autre. Pour l'éviter :
- active le renouvellement automatique, avec un moyen de paiement du client ;
- fais envoyer les alertes d'expiration à deux adresses, la sienne et la tienne ;
- note la date d'échéance de chaque domaine client dans ton suivi.
La fin du contrat
Le jour où le client veut changer de prestataire, tu dois pouvoir lui remettre en quelques jours :
- le code de transfert du domaine (appelé code d'autorisation ou AuthInfo), s'il est sur ton compte ;
- une copie complète du site ou l'accès au compte de l'outil qui l'héberge ;
- tous les identifiants qu'il ne possède pas encore.
Prévois-le dans le contrat. Un départ qui se passe bien vaut souvent une recommandation, même d'un client qui part.
La liste des accès à remettre
| Accès | À remettre au client |
|---|---|
| Registraire du domaine | Compte au nom du client, ou code de transfert |
| Zone DNS | Liste des enregistrements en place |
| Hébergement ou plateforme | Compte, ou export complet du site |
| Outil d'administration du site | Compte administrateur |
| Emails professionnels | Accès à chaque boîte |
| Fiche Google de l'établissement | Le client doit en être propriétaire |
| Statistiques de visite | Accès administrateur |
Cette remise se fait après le paiement complet, comme le prévoient la plupart des contrats (voir Acompte et paiement d'un site internet), et fait partie de la checklist avant la mise en ligne.
Questions fréquentes
À qui appartient le nom de domaine d'un site créé par un freelance ?
À la personne ou à l'entreprise inscrite comme titulaire dans le registre. Pour éviter tout litige, enregistre-le au nom de l'entreprise cliente, même si c'est toi qui gères le compte technique.
Combien coûte un nom de domaine pour un site client ?
Pour un .fr ou un .com, compte en général de quelques euros à une vingtaine d'euros par an selon le registraire, hors promotion de la première année. Vérifie toujours le prix du renouvellement, souvent plus élevé que celui de la première année.
Comment récupérer un nom de domaine enregistré au nom de l'ancien prestataire ?
D'abord à l'amiable, en demandant le changement de titulaire ou le code de transfert. En cas de blocage sur un .fr, l'Afnic propose une procédure de résolution des litiges (Syreli). C'est précisément ce que l'on évite en enregistrant le domaine au nom du client dès le départ.