Une entreprise dont le site est visiblement vieillissant est souvent un meilleur prospect qu'une entreprise sans site : elle a déjà payé pour être en ligne, elle est convaincue qu'un site sert à quelque chose. Il suffit de lui montrer, avec une ou deux observations précises, ce qui lui fait perdre des clients. Voici les dix signes à repérer, tous vérifiables en moins de deux minutes.
En bref
- Les signes les plus parlants : pas adapté au téléphone, pas de HTTPS, copyright ancien, pas de bouton pour appeler.
- En prospection, cite un ou deux signes, jamais les dix.
- Parle de ce que le signe coûte au client (des appels perdus), pas de technique.
1. Le site n'est pas adapté au téléphone
Le texte s'affiche en tout petit, il faut zoomer, les boutons sont minuscules. C'est le signe le plus grave : une grande partie des recherches d'entreprises locales se fait sur téléphone, et Google indexe les sites d'après leur version mobile.
Comment le voir : ouvre le site sur ton téléphone. Techniquement, l'absence de balise « viewport » dans le code de la page en est la cause la plus fréquente.
2. Pas de HTTPS
L'adresse commence par « http:// » et le navigateur affiche « Non sécurisé ». Pour un visiteur, c'est inquiétant ; pour un formulaire de contact, c'est un vrai problème.
3. Un copyright ancien
« © 2014 » en bas de page signale un site qui n'a pas été touché depuis des années. Les informations (horaires, services, équipe) sont souvent périmées elles aussi.
4. Un site lent ou très lourd
Images non compressées, vidéos en fond, extensions empilées : la page met plusieurs secondes à s'afficher sur une connexion mobile. Le visiteur repart avant de voir le numéro.
5. Pas de bouton pour appeler ou demander un devis
Le numéro est caché en bas de la page de contact, en texte non cliquable. Pour un artisan ou un commerce local, le site a pour but principal de faire appeler : chaque obstacle coûte des demandes.
6. Pas de formulaire de contact
Ou un formulaire cassé, qui renvoie une erreur. Beaucoup de clients préfèrent écrire le soir que téléphoner en journée.
7. Des informations fausses ou périmées
Ancienne adresse, horaires qui ne correspondent pas à la fiche Google, services qui n'existent plus, numéro de fax en avant. Le client qui se déplace pour rien ne revient pas.
8. Pas de mentions légales
Tout site professionnel doit afficher des mentions légales identifiant l'entreprise (nom, adresse, numéro d'immatriculation, hébergeur…). Leur absence est un manquement, et un argument sérieux.
9. Aucune preuve de confiance
Pas de photos réelles (seulement des images de banque d'images), pas d'avis, pas de réalisations, pas de certifications. Le visiteur ne sait pas s'il a affaire à une entreprise sérieuse.
10. Une technologie dépassée
Constructeur de site abandonné, thème qui n'est plus mis à jour, extensions obsolètes : le site devient fragile et difficile à modifier. Pour le client, cela se traduit par « je ne peux plus rien changer moi-même » ou « mon prestataire a disparu ».
Comment s'en servir en prospection
L'erreur classique : envoyer un audit de trois pages listant les dix problèmes. Le prospect se sent jugé, ne lit pas, et ne répond pas. La bonne méthode :
- Choisis un ou deux signes, les plus visibles pour un client (téléphone, bouton d'appel, informations périmées).
- Traduis-les en conséquence : « sur téléphone, il faut zoomer pour trouver votre numéro », plutôt que « votre site n'a pas de viewport ».
- Propose une solution concrète : une maquette de sa page d'accueil, une version mobile.
Les formulations prêtes à l'emploi sont dans 6 modèles d'email de prospection (les modèles 2, 3 et 4 partent de ces signes) et dans le script d'appel.
Automatiser la détection
Vérifier dix signes sur deux cents sites prend des jours. ClientFy le fait pour chaque entreprise de tes chasses : il cherche son site, vérifie qu'il s'agit bien du sien, puis relève le HTTPS, l'adaptation au mobile, le poids de la page, l'année du copyright, la présence d'un formulaire et d'un appel à l'action, et la technologie utilisée. Chaque entreprise reçoit une note de 0 à 100, avec une phrase par point (« Site non pensé pour le téléphone », « Site plus mis à jour depuis 2016 ») qui te donne ton observation d'ouverture.
Pour aller plus loin : comment vendre la refonte d'un site, comment trouver des entreprises sans site, et comment fixer le prix d'une refonte.
Questions fréquentes
Comment savoir si un site est adapté au mobile ?
Ouvre-le sur un téléphone : si le texte est lisible sans zoomer et que les boutons sont faciles à toucher, il l'est. Dans le code, la présence d'une balise meta « viewport » est le premier indice.
Un site sans HTTPS est-il dangereux ?
Il n'est pas forcément piraté, mais les échanges ne sont pas chiffrés et les navigateurs l'affichent comme « Non sécurisé », ce qui fait fuir une partie des visiteurs. Un certificat HTTPS est aujourd'hui gratuit chez la plupart des hébergeurs.
Faut-il refaire un site ou simplement le mettre à jour ?
Si le site n'est pas adapté au mobile ou repose sur une technologie abandonnée, une refonte est en général plus simple et moins chère qu'une série de corrections. S'il est récent mais mal tenu, une mise à jour et un contrat de maintenance suffisent (voir Créer une offre de maintenance).