Montrer à un artisan la page d'accueil de son futur site, avec son nom et ses services, convainc souvent mieux qu'un long discours. Avec les outils d'IA, une première version se prépare vite : la tentation est grande d'en faire une pour chaque prospect. Mais une maquette gratuite peut aussi devenir un piège : des heures de travail pour des gens qui ne signeront pas, ou un prospect qui repart avec ton idée. La bonne maquette est courte, privée, et réservée aux prospects qui ont montré un intérêt. Voici comment l'utiliser.
En bref
- Une maquette sert à déclencher la décision, pas à livrer le site gratuitement.
- Limite-la à une page d'accueil, préparée en peu de temps, à partir de vraies informations.
- Réserve-la aux prospects qui ont accepté un rendez-vous ou demandé à voir.
- Garde-la privée : un site au nom d'une entreprise ne doit pas être en ligne sans son accord.
- Ne livre jamais les fichiers avant la signature et l'acompte.
Pourquoi une maquette aide à vendre
Un patron de TPE a du mal à imaginer un site qui n'existe pas. Il compare ce que tu proposes à ce qu'il connaît : sa fiche Google, le site d'un concurrent, parfois rien. Une maquette rend le projet concret : il voit son nom, ses prestations, sa ville, et la façon dont un client le joindrait depuis son téléphone. La discussion passe de « est-ce que j'ai besoin d'un site ? » à « qu'est-ce qu'on change sur celui-là ? ».
C'est aussi une preuve de sérieux : tu as pris le temps de regarder son entreprise avant de l'appeler.
Quand elle devient un piège
| Situation | Risque | Ce qu'il vaut mieux faire |
|---|---|---|
| Maquette envoyée à froid, à tous les prospects | Beaucoup de temps pour peu de réponses | La réserver aux prospects qui ont répondu |
| Maquette de plusieurs pages, presque finie | Le prospect a l'impression d'avoir déjà le site | S'en tenir à la page d'accueil |
| Maquette en ligne à une adresse publique | Un site au nom de l'entreprise, sans son accord | Lien privé, non référencé, supprimé après |
| Fichiers envoyés au prospect | Il peut la faire terminer ailleurs | Montrer, ne pas transmettre avant l'acompte |
| Maquette avec des avis ou des chiffres inventés | Tromper ses futurs clients | Ne mettre que des informations vérifiées |
La règle : un prospect intéressé, une page, un temps limité
À qui en faire une
Le meilleur moment est après un premier signe d'intérêt : un prospect qui a accepté un rendez-vous, qui t'a demandé « montrez-moi », ou qui a répondu à ton premier message. Pour un démarchage à froid, une capture d'écran de la page d'accueil suffit souvent à piquer la curiosité, comme dans les relances décrites dans Relancer un prospect qui ne répond pas.
Ce qu'elle doit contenir
- Le nom de l'entreprise, son métier et sa ville.
- Ses vraies prestations, telles qu'elles apparaissent sur sa fiche Google ou dans Sirene.
- Un bouton d'appel visible sur téléphone.
- Des emplacements marqués pour ce que tu ne sais pas encore : photos, tarifs, horaires.
Ce qu'elle ne doit jamais contenir : des avis inventés, des chiffres (« 20 ans d'expérience », « 500 chantiers ») que tu n'as pas vérifiés, des photos de réalisations qui ne sont pas les siennes. Le visiteur ne voit pas la différence, mais le prospect, lui, la voit tout de suite, et il en déduit que tu inventes. Pour les images, voir Images d'un site client créé avec l'IA.
Combien de temps y passer
Fixe-toi une limite et tiens-la. Avec un outil d'IA, l'essentiel du temps passe dans la relecture : vérifier que rien n'est inventé, que le nom et la ville sont justes, que le bouton d'appel fonctionne. Si une maquette te prend une demi-journée, elle est trop détaillée pour un prospect qui n'a pas signé.
ClientFy réduit ce temps : sur chaque opportunité, le bouton « Créer un site » prépare un prompt avec le lien Google Maps de l'entreprise, à coller dans Lovable, Bolt, v0, Claude ou ChatGPT. L'outil ne rédige pas les messages et n'envoie rien à ta place : tu gardes la main sur la maquette comme sur le rendez-vous.
Comment la montrer
Sur un téléphone, en rendez-vous. C'est là que ses clients le chercheront, et c'est l'écran qui fait le plus d'effet. Le déroulé complet est dans Premier rendez-vous pour vendre un site web.
À distance, partage un lien privé, non référencé, et dis clairement que c'est une proposition. Si le prospect n'est pas intéressé, supprime la maquette. Ne l'envoie jamais en pièce jointe dans un premier email : voir Emails de prospection en spam.
Formule-le simplement :
« J'ai préparé une première idée de votre page d'accueil, à partir de ce qu'on trouve sur votre fiche. Les photos et les textes sont provisoires. Qu'est-ce que vous changeriez ? »
La dernière question est la plus importante : elle fait réagir le prospect, et chaque correction qu'il demande le rapproche de la signature.
Après la maquette : passer au devis
Une maquette sans suite ne sert à rien. Termine toujours par une proposition concrète : le périmètre, le prix, le délai, et la date à laquelle tu le rappelles. Envoie le devis dans les 24 heures (voir Devis de site internet : modèle et mentions), et demande un acompte avant de transmettre quoi que ce soit (voir Acompte et paiement d'un site internet).
Dans ton pipeline, note la date de la maquette, le montant proposé et ta prochaine action : sans relance, une bonne maquette s'oublie en une semaine. La méthode est dans Relancer un devis de site web sans réponse.
Questions fréquentes
Faut-il faire une maquette gratuite pour chaque prospect ?
Non. Réserve-la aux prospects qui ont montré un intérêt : rendez-vous accepté, réponse à ton message, demande explicite. Pour les autres, une simple capture d'écran ou un exemple de site du même métier suffit.
Peut-on mettre en ligne la maquette d'un site au nom d'une entreprise ?
Seulement de façon privée, par un lien non référencé, le temps de la montrer. Un site public qui porte le nom d'une entreprise sans son accord ne doit pas rester en ligne : supprime-le si le prospect ne signe pas.
Comment éviter qu'un prospect récupère la maquette sans payer ?
Montre-la, mais ne transmets ni les fichiers ni les accès avant la signature et le paiement de l'acompte. Le contrat ou le devis précise ensuite le moment où le client devient propriétaire du site.